Missak, Ropin et Oriane

 

En 2016, je suis partie du Puy-en-Velay pour 5 jours avec mes chiens, sur une semaine de vacances. En avril 2017, je quitte mon boulot avec l’envie de littéralement prendre l’air, on reprend notre chemin là on où l’a laissé. Dans un premier temps, mon objectif est d’arriver à la frontière, à Saint-Jean-Pied-de-Port. Je n’ai aucune idée des capacités physiques de Ropin, qui va sur ses 11 ans et qui est avec moi depuis 1 an et demi seulement, qui est réactif et qui a un petit problème d’arthrose. Ma priorité est donc d’être hyper-flexible pour pouvoir être à l’écoute de nos besoins à tous les 3.

Interview

Comment tu as préparé ce voyage ?

J’avais avec moi le petit guide Michelin du GR65 (voie du Puy) dans lequel je m’étais noté des noms d’hébergements acceptant les chiens pour les premiers jours.

Quel était ton budget ?

Pour moi il était important de mettre tout le monde dans les meilleures conditions pour aller le plus loin possible, j’avais donc prévu un budget confortable pour passer la nuit en chambre d’hôtes quand il faisait trop froid pour bivouaquer, pour acheter de temps en temps de la viande pour les chiens en supermarché, etc..

Check-up kiné après 2 semaines de marche

Vous dormiez où ?

En France, j’avais un hamac et un tarp (une bâche). Mais de mi-avril à fin mai, les nuits étaient encore très fraiches, du coup je ne l’ai utilisé qu’une dizaine de fois . Le plus souvent, j’ai été en gîtes pèlerins, ou en chambre d’hôtes.

En l’Espagne, j’ai investi dans une petite tente ultralight dans laquelle je rentrais le sac et les chiens. Si c’était à refaire, je prendrai la tente dès le début. C’est une liberté incroyable et le chemin  offre des coins de bivouacs exceptionnels.

J’ai cependant passé la majorité des nuits en auberges pour pèlerins. Le plus souvent, les chiens ont dormi dehors, sous un abri, dans un coin tranquille. Parfois, le compromis a été de camper dans le jardin de l’albergue, pour profiter des sanitaires et de la cuisine. Dans les grandes villes (Bilbao, Oviedo, Lugo, A Coruña) j’étais en chambre d’hôtel, pour que les chiens puissent bien se reposer. J’ai aussi fait quelques campings.

Un superbe bivouac sur le Camino del Norte

Comment est-ce que tu gérais l’alimentation des chiens ?

Missak et Ropin sont nourris au Barf depuis 2 ans.

Pour les premiers jours, j’avais déshydraté de la viande. Ensuite, en France, je demandais des restes dans les boucheries. Sinon, j’achetais des croquettes en supermarché. Après 1 mois de voyage, ils avaient tous les deux perdu presque 2 kilos. A partir de là, j’ai été beaucoup moins regardante sur les extras : j’ai compris qu’ils se dépensaient énormément et qu’ils avaient besoin d’apport, tant pis pour les céréales et les glucides, mission “ventre plein” : je donne tout ce qui se mange.

En Espagne, dans les grandes villes j’achetais de la viande, très peu chère dans les supermarchés. Sinon, des croquettes, les Ultima au poulet que je trouvais presque partout. Quand il n’y avait pas de commerce (campagne profonde ou jours fériés) il m’est arrivé de sonner aux maisons pour demander de la nourriture.

 

Vous marchiez combien de km par jour ?

En France, en moyenne 15 km par jour. En Espagne, on a augmenté la cadence pour une moyenne autour de 20 km par jour.

Dans les grandes villes, on prenait 1 ou 2 jours de pause, et régulièrement on faisait des petites journées entre 10 et 15 km.

Missak et Ropin étaient libres ou attachés ?

La plupart du temps, ils étaient attachés avec du matériel de cani-rando : chaque chien a un harnais de traction, et une ligne de trait individuelle les relie à mon baudrier.

J’ai fait ce choix parce que Ropin est réactif et n’a pas de rappel, il est donc rarement libre. Quant à Missak, il est super obéissant et sociable, mais c’est un chien très dynamique qui court tout le temps, au gré des odeurs ! Comme les chiens n’ont pas la notion “d’économiser leur énergie”, j’avais peur qu’il parcourt beaucoup plus de kilomètres que nous et qu’il ne se fatigue prématurément. Il avait des cependant tous les jours de moment de liberté. Ropin en a eu aussi dans les endroits où j’avais une très bonne visibilité pour pouvoir anticiper les rencontres.

L’avantage : un chien qui tracte (Missak), ça aide ! L’inconvénient, c’est qu’en cas de souci, c’est difficile de trouver du matériel de remplacement en chemin ! A Oviedo, en Espagne, les harnais des chiens sont malencontreusement passés au sèche-linge et ont rétréci. Impossible d’en trouver des nouveaux à moins de 50 km (Gijon) ; j’ai donc du découper les sangles pour les agrandir très artisanalement. Heureusement, ça a tenu jusqu’au bout.

 

 

Vous avez rencontré d’autres chiens-pèlerins ?

On en a rencontré plusieurs qui faisaient le chemin en plusieurs fois, 1 ou 2 semaines par an, sur leurs congés.

Et de plus rares marcheurs au long cours, comme nous : on a passé une nuit près de Figeac chez Nico & Horus qui étaient sur le chemin l’année précédente. On a marché 4 jours au pays Basque avec Cristian, un Sicilien sur le chemin avec Léon, son Saint-Bernard de 105 kilos. En Espagne, j’ai rencontré Thomas qui a fait Le Puy – Saint-Jean-Pied-de-Port avec son Kuma, un Golden retriever qu’il venait de sortir d’un refuge. Et le jour de notre arrivée à Santiago, au bureau des pèlerins, on a enfin rencontré Romane et son Border x Aussie, partis du Puy. On s’est suivies plusieurs semaines, du coup on avait entendu parler l’une de l’autre par d’autres pèlerins depuis un moment, mais sans se rencontrer !

Raconte nous Santiago …

On arrive après 100 jours de marche.

“Alors je cherchais mon chemin pour la cathédrale, j’entends “Oriaaaane !” et un petit blondinet court vers moi, c’est Thomas de Belfort avec qui on a passé quelques jours sur le Norte. Quel plaisir de le revoir, lui et pas mal d’autres copains du Primitivo, des Français, des Américains, des Espagnols .. Autre cadeau d’arrivée : j’ai finalement rencontré Romane et son frère, partis tous les deux du Puy avec un superbe Border X Aussie. Lui aussi, 1500 km dans les pattes et toujours au top !

Il y a un monde incroyable. La fête de la Saint Jacques a amassé foule dans la ville, des pèlerins mais aussi énormément de touristes espagnols et étrangers. La vieille ville est vraiment jolie, des petites ruelles pavées au charme fou .. si on fait abstraction des dizaines de boutiques où on vend des souvenirs “du camino”, n’importe quoi avec marqué “camino” dessus, ou avec une flèche jaune (balisage du chemin).

On aura passé 3 jours ici. Beaucoup de repos, surtout pour les chiens qui ont passé 20 heures sur 24 à dormir. De jolies balades dans les nombreux parcs de la ville, beaucoup de temps juste tous les 3, des gamelles un peu améliorées (œuf, viande, huile de coco).”

Comment s’est passé le retour ?

Après Saint-Jacques-de-Compostelle, on a fait la boucle de 200 km par Muxia, Finisterra, pour revenir à Santiago. Je voulais ensuite aller jusqu’à Porto par le Camino Portugese, mais des copains partis devant m’ont mis en garde contre les très fortes chaleurs qui rendent la route difficile. Je décide donc de repartir vers le Nord, et on prend le Camino Ingles à l’envers, jusqu’à la mer, à La Corogne. De là, je cherche en vain un bateau pour rentrer en France.

On rentre donc avec 3 covoiturages et 1 TER, en 72 heures.

Qu’est-ce que ce voyage t’a appris sur tes chiens, et sur toi-même ?

Ils m’ont épatée tout au long de ces 4 mois par leur capacité d’adaptation et leur courage.

Mon petit vieux, Ropin, n’a jamais rechigné, il a un cœur énorme. Quant à Missak, il s’est donné à 200%, avec toujours une envie et une énergie folle.

Est-ce que Missak et Ropin ont eu des difficultés ? Et les COUSSINETS ?

Alors, concernant les coussinets : ce n’est qu’après 1800 km que j’ai été chez un véto chercher une crème pour les renforcer, parce qu’ils commençaient à être rapés. Ce qui me parait normal puisque j’ai moi-même usé 3 paires de chaussures !

Mes principales difficultés ont plutôt été : les tirs d’effarouchement dans le Tarn-et-Garonne et le Gers, parce que Ropin est totalement tétanisé par les coups de feu. Les changements d’alimentation ont provoqué prise/perte de poids et aussi des pets atroces, heureusement que la tente était bien aérée ! On a aussi quelques jours de très fortes chaleurs (38°C à Navarrenx) que nous ont valu des réveils trèès matinaux pour partir à la fraiche. Enfin, le chemin longe parfois des routes très circulantes sans trottoir.

Un conseil à ceux qui préparent un voyage avec leur chien ?

Faites-le !!!

Il parait que le chemin est addictif … Est-ce que tu penses y revenir ?

J’ai vraiment envie de faire cette petite portion du Camino Portugese, de Porto à Santiago.

Pour finir, si Missak et Ropin pouvaient parler, ils diraient…

“C’était une bien belle balade !”

Variantes des Hospitales sur le Primitivo

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