Kuma et Thomas

A tout juste 18 ans et son bac en poche, Thomas a pris la route du Puy avec son grand Kuma, fraîchement adopté à la SPA. Avec une simple bâche en guise de toit et un budget hyper serré (5 euros par jour en moyenne), ils montrent que tout est possible et qu’il n’y a qu’à se lancer !

J’ai eu la chance de rencontrer Thomas pendant l’été 2017, quelque part sur le Norte (ou le Primitivo ?). Il nous raconte son chemin :

Interview

Comment tu as préparé ce voyage ?

J’ai commencé par me renseigner sur des forums, et les avis concernant le chemin avec un chien étaient unanimes : négatif !

J’ai donc demandé au vétérinaire de Kuma ce qu’il en pensait ; et après un check-up complet, il a dit qu’il n’y avait pas de contre-indication particulière. Il m’a quand même conseillé de commencer tout doucement et d’être très progressif dans l’effort.

Pour Kuma, j’ai emmené : ses papiers, une petite couette pour la nuit, un produit pour tanner les coussinets (que je n’ai pas beaucoup utilisé), et une petite gamelle de voyage.

Je ne voulais pas qu’il porte de sac, parce que j’avais peur de le fatiguer, et aussi que le sac de bât ne soit pas adapté à son grand gabarit et le blesse.

Mon idée était d’aller le plus loin possible avec Kuma, mais je n’avais rien de défini.

Vous dormiez où ?

On dormait le plus souvent sous notre tarp : une bâche montée grâce à du cordage et des piquets, entre deux arbres, poteaux, bancs,…

Mais à chaque fois qu’on en a eu besoin, par exemple en cas de pluie ou de neige, on a pu être hébergés et dormir à l’intérieur, au chaud et au sec. Kuma n’a jamais dormi dehors ou tout seul. Soit il était dedans avec moi, soit on était dehors tous les deux.

Petite mention pour le gîte L’Alchimiste à Navarrenx, un donativo où on a été super bien accueillis !

Comment est-ce que tu gérais l’alimentation de Kuma ?

A la maison, il mange des croquettes ; et j’ai de la chance parce que ce n’est pas un chien difficile !

Sur le chemin, j’achetais des croquettes en paquet de 1,5 kilos, au fur et à mesure. Je demandais aussi les restes dans les boucheries des villages qu’on traversait.

Franchement, pas de panique niveau alimentation : on trouve des croquettes partout sur la voie du Puy.

Vous marchiez combien de km par jour ?

Pour ménager Kuma sur le long terme, je m’étais fixé de ne pas dépasser 20 ou 25 km par jour. Le maximum qu’on ait fait sur une journée était 27 km.

A mon avis, la clé est de savoir s’adapter au rythme et à la fatigue du chien. Parfois, il faut aussi savoir renoncer à des rencontres parce que le chien est fatigué. On vient aussi sur les chemins de St Jacques pour les rencontres magiques qu’on y fait, et ce n’est pas toujours facile de dire “Désolé les gars, j’aimerai bien continuer à marcher avec vous, mais mon chien est fatigué alors je m’arrête là pour aujourd’hui !”. 

Kuma était libre ou attaché ?

Il était très souvent lâché, et attaché seulement vers les routes.

Qu’est-ce que ce voyage t’a appris sur Kuma, et sur toi-même ?

Au début, c’était vraiment compliqué parce que Kuma avait peur des gens qui portaient un sac à dos, il partait en courant ! Je l’avais adopté à la SPA peu de temps avant notre voyage, il ne connaissait pas grand chose à la vie !

Mais au fur et à mesure, il s’est détendu. On a vraiment appris à se connaître tous les deux, le voyage a largement resserré les liens entre nous.

Est-ce que Kuma a eu des difficultés ?

Kuma était un chien assez craintif, sur le chemin il a du faire face à beaucoup de situations et de personnes qu’il ne connaissait pas ! Il a énormément progressé en quelques semaines !

Il lui est arrivé de s’enfuir après qu’il ait eu peur de quelque chose, j’ai eu une sacré frayeur ; mais plus de peur que de mal, au final.

Physiquement, on a commencé doucement et on a toujours été à son rythme. Il s’est aussi affûté au fil des jours et des semaines.

Comment s’est terminé votre voyage ?

Quand on est arrivés au Pays Basque, Kuma s’était légèrement blessé au coussinet ; et surtout j’avais peur de l’emmener en Espagne, principalement à cause de la chaleur. Ma maman est donc venu le récupérer et il s’est fait quelques semaines de vacances chez elle, le temps que je termine mon chemin. A St Jean Pied de Port, j’ai pris les GR 11 jusqu’à Irun, puis le chemin du Nord et le Primitivo. Je suis arrivé à Santiago fin juillet.

Un conseil à ceux qui préparent un voyage avec le chien ?

Je leur conseillerai de se faire de l’expérience en partant quelques jours avant, et surtout : ne t’inquiète pas et essaie !

Il parait que le chemin est addictif … Est-ce que tu penses y revenir ?

Peut-être plus tard… Pour le moment, j’ai envie de sortir des sentiers battus. Je prépare un voyage de Gibraltar à Tanger, Alger et Tunis. L’idée est de longer la côte d’Afrique du Nord en vélo avec carriole aménagée pour Kuma.

 

 

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